PAS COMME TOI

ou

COMME TOI, JE CRAINS LES CHATOUILLES

 

Projet de collection de documentaires animés
de portraits d’enfants handicapés

13 x 5 minutes

 

Technique hybride mêlant animation et prise de vue réelle

 

 

« Qu’importe la surdité de l’oreille quand l’esprit entend.
La seule surdité, la surdité incurable, c’est celle de l’intelligence. »

 

Hugo dans le documentaire
J'avancerai vers toi avec les yeux d'un sourd

 

 

 

Pas comme toi propose de présenter des portraits d’enfants handicapés dans leur quotidien. D'aller à la rencontre de leurs récits.

 

Enregistrés par une journaliste qui prendra le temps de les rencontrer, le portrait sera animé sur le son remonté. A la toute fin du film, quelques images de prise de vue réelles viendront compléter le portrait et nous présenter celui ou celle dont nous aurons rencontré l’univers.

 

L’animation nous plongera dans la vision de leur monde. Tout se fera à la première personne du singulier. Pas de paroles rapportées sur les enfants, pas de discours de la famille, des médecins, des accompagnants.

 

Si possible, ils se présenteront eux-mêmes dans un endroit ou au cours d’une activité qu’ils aiment, avec une personne, un animal ou un objet qu’ils chérissent spécialement.

 

Nous sommes tous bancals, fissurés... Chez les handicapés, ça se voit un peu plus que chez nous. On voit qu'ils ne sont pas comme nous et pourtant, avant tout, ce sont des gens, des enfants, avec des histoires, des amis, des jeux, des pensées, des familles, des rêves, l'envie d'apprendre...

 

Ce qui fait la poésie de nombreuses personnes handicapées, c’est qu’elles restent des enfants malgré leur âge physiologique qui  avance… La question se pose donc de faire des portraits de personnes handicapées dont on découvrira seulement à la fin qu’ils sont des adultes. C’est aussi un des mystères de ce monde-là que l’animation pourra à la fois préserver et éclairer…

 

Le choix de ne mettre en image réelle qu’à la toute fin correspond au fait que le contact visuel avec le handicap est un des aspects qui rend difficile la rencontre avec la personne qui porte ce handicap. Nous avons donc décidé de ne révéler l’identité de celui que l’on rencontre seulement à la fin du portrait.

 

Des témoignages d’adultes qui disent combien, si on leur avait expliqué de quoi il s’agissait, ils auraient eu moins de réaction de peur, de rejet…

 

 « Quand j’étais enfant, un homme atteint du syndrome de Gilles de la Tourette passait souvent dans ma rue. Je me souviens que je n’aimais pas ça, il me faisait peur, je le prenais même pour un fou. En réalité, je ne savais pas ce qu’il avait, et c’est seulement plus tard, en regardant une émission à la télé, que j’ai compris. Aujourd’hui, je ne culpabilise pas, mais si j’avais su… j’aurais peut-être réagi différemment. Il est important de connaître pour comprendre. »

Karine Lemarchand, animatrice des magazines “Les maternelles” et “On n’est pas que des parents”

 

Un portrait magnifique de Mathilde Planchon qui dit : mon corps diffère, mon cœur est le même, comme vous, je crains les chatouilles. (d’où le deuxième titre possible pour cette collection que je trouve bien bien bien PLUS positif !)

https://vimeo.com/23502918

 

Un portrait animé d’un homme atteint d’un syndrome de démence à la suite d’une anesthésie par sa femme. (Je pense qu’n peut aller bien plus loin dans la poésie et le métalangage avec l’animation !)

https://vimeo.com/82096226

 

 

 

Une définition du handicap

 

Le mot handicap, littéralement « la main dans un chapeau » vient de l’anglais et évoque qu’en cas de troc, il fallait rétablir une égalité de valeur entre ce qui était donné et reçu. Celui qui recevait un bien dont la valeur était supérieure à ce qu’il avait donné, devait mettre de l’argent dans un chapeau pour rétablit la valeur de ce qui était échangé.

 

Plus tard, l’expression est devenue un mot qui s’est appliqué dans le champ sportif, notamment dans les courses hippique où, pour donner une chance égale aux participants, on mettait un poids plus lourd aux meilleurs. L’origine du mot, basée sur un souci d’égalité, faisait qu’on essayait d’annuler un avantage chez un concurrent…

 

Dans le domaine médial, le mot a inversé son sens pour souligner le déséquilibre, le désavantage dont est victime un individu. Le handicap est devenu une infériorité plutôt qu’une supériorité…

 

Le handicapé n’arrive pas à faire aussi vite, aussi bien. On n’aimerait pas que ça nous arrive et l’autre devient un miroir de ce qu’on ne voudrait pas être.

 

Le handicap nous demande de faire un travail sur nous-même, sur notre représentation. C’est un autre monde avec un système de valeur différent.

 

 

Techniquement, la partie animation serait portée et réalisée par de jeunes réalisateurs en 2D numérique.

 

 

 

 

« Vous n'avez pas besoin d'être handicapé pour être différent,
car nous sommes tous différents. »

Daniel Tammet