• ADAPTER UN POEME - Emma Vakarelova (J'ai tant rêvé de toi de Robert Desnos), Sylvain Despretz et Viviane Boyer-Araujo (Le zèbre de Robert Desnos)

Quelle histoire raconter autour des mots du poème ? Faut-il illustrer les mots ou prendre du recul et dissocier ce que disent les images et les mots ? Un scénario, c'est d'abord une écriture visuelle : on écrit ce qu'on va voir à l'écran. Par où passent le sens des mots et les émotions, comment distribue-t-on les rôles entre l’animation et les paroles ?

  • LE STORY BOARD - Marion Auvin (Je suis comme je suis de Jacques Prévert) et Loïc Espuche (Mutation de Robert Desnos)

Le storyboard consiste à découper le film en images "clés", comme des cases d’une bande dessinée. Le storyboard permet un premier regard sur le film, on choisit les axes de la caméra et on pose les premiers jalons de l'ordre des informations ainsi que le rythme de la narration.

Pour passer d’un dessin à l’animation, il faut réfléchir au résultat final mais sans s’empêcher d’avoir son propre style… Mise  en application de ce travail d’équilibriste avec Charlie Belin qui nous explique sa manière d’animer ses esquisses.

Dans Automne, de Guillaume Apollinaire, les personnages principaux sont l’été et l’automne. Hugo a donc choisi de travailler sur les couleurs de son film à la manière d’un peintre pour donner vie à cet univers changeant. Il évoque également la construction de sa narration et la manière dont il fait évoluer la gamme de ses couleurs au fur et à mesure du récit pour nous faire ressentir le changement des saisons.

Un soldat blessé regarde le paysage défiler à travers la vitre de l’ambulance de fortune qui l’emmène vers un hôpital de campagne. La réalisatrice de Fusée-signal nous raconte comment elle a construit ce long travelling qui nous donne le point de vue de son personnage.

  • RECHERCHES GRAPHIQUES - Charlotte Cambon (Dans un petit bateau de Robert Desnos) et Juliette Cuisinier (La grenouille aux souliers percés de Robert Desnos)

Afin qu’une image en mouvement prenne tout son sens, le décor et les personnages doivent se partager les messages de l’univers choisi. Le jeu des contrastes, des couleurs, des lumières se pense ainsi bien en amont.

  • ANIMER EN BANC-TITRE Marion Lacourt (Page d'écriture de Jacques Prévert) et Morgane Le Péchon (Le dromadaire mécontent de Jacques Prévert)

Le banc-titre permet de faire de l’animation image par image grâce à un appareil photo surplombant un plan sur lequel on peut dessiner, mettre du sable, du papier découpé ou de la peinture… C’est une technique très riche où l’animation se fait en temps réel. Ici deux manières de faire du banc-titre multiplans : avec de la peinture sur verre (Page d'écriture) et avec du papier découpé (Le dromadaire mécontent).

  • ANIMER EN VOLUME Camille Authouart et Marie Larrivé (Les oiseaux du souci de Jacques Prévert)

Aussi appelée stop-motion, cette technique consiste à faire bouger image par image dans un décor des personnages en volume.

Justine nous explique comment elle met en scène son film sur l’évocation de la ville de Paris par un aveugle. Décors en couches superposées de papier découpé, jeu avec les transparences des feuilles, et animation en sable. C’est une technique qui demande une énorme patience…

Alix met en scène quatre personnages qui n’ont pas de cou, pas de têtes et qui reçoivent à dîner un ami. Elle a préparé toutes les pièces de cet immense puzzle en papier découpé pendant des semaines en dessinant, peignant, découpant. Elle nous explique comment elle anime ce monde foisonnant avec un banc-titre.

  • ANIMER EN 3D - Mathieu Gouriou (Un oiseau chante de Guillaume Apollinaire)

Mathieu nous explique comment la technique en 3D lui permet de gagner du temps. Il sépare tous les éléments et les anime en créant moins de pauses-clés que s’il devait faire les 12 images par seconde nécessaires : c’est l’ordinateur qui crée les images intermédiaires à sa place ! Préparation des décors, mise en place des caméras, éclairage des scènes, travail des ombres et des textures pour « réchauffer » l’aspect un peu froid de cette technique, on découvre en temps réels comment animer en 3D.

  • ANIMER EN 2D Raphaëlle Stolz (le Salsifis du Bengale de Robert Desnos) et Emma Vakarelova (J'ai tant rêvé de toi de Robert Desnos)

Raphaëlle et Titouan, qui animent en 2D numérique en dessinant directement sur palette graphique, expliquent comment donner du rythme et restituer la personnalité selon les personnages mis en mouvement. Quant à Emma et Yann, ils expliquent comment conserver le style spécial des décors en peinture d’Emma avec une une animation en 2D numérique ?

  • LE BRUITAGE - Gregory Vincent, bruiteur Foley sur le film Le salsifis du Bengale de Raphaëlle Stolz.

Ce métier, qui consiste à créer des sons en temps réel, c’est-à-dire en les collant sur les images en mouvement, requiert des qualités d’inventivité et d’immédiateté surprenantes ! Grégory, bruiteur Foley, nous emmène dans le monde de ses 27 valises où chaque objet lui permet d’inventer des bruits incroyables mais vrais.    

  • DIRIGER LES COMEDIENS - Gabrielle Sibieude pour les voix de Demi-rêve de Robert Desnos avec Romane Bohringer et Jacques Gamblin

L’enregistrement des voix qui disent les poèmes (sans les réciter – difficile exercice) se fait au moment où les films sont en cours d’élaboration. C’est donc le réalisateur qui dirige les comédiens pour leur donner ses intentions car les images ne sont pas encore prêtes… C’est à la fois cocasse et intense. Ici, avec Demi-rêve un poème de Robert Desnos dont les mots sont quasiment tous… inventés. Pas facile de savoir ce qu’il a voulu dire !

Les quelques poèmes choisis dans Le bestiaire de Guillaume Apollinaire par Florent Grattery évoquent les affres de la création. Il nous explique ses choix de narration et d’ambiances pour mettre ce voyage en images animées.